Aller au contenu
Gratuit, sans compte

Bilan de puissance d'un tableau divisionnaire

Renseignez les puissances installées par usage et le nombre de circuits. L'outil applique les coefficients d'utilisation et de simultanéité, puis en déduit le calibre du disjoncteur général.

Renseignez les puissances par usage
et le nombre de circuits.

Un bilan de puissance ne consiste jamais à additionner les puissances installées. On applique deux niveaux de foisonnement : Pu = Σ(Pinstallée × ku) × ks. Le coefficient d'utilisation ku traduit le fait qu'un appareil tourne rarement à sa puissance maximale. Le coefficient de simultanéité ks traduit le fait que tous les circuits ne fonctionnent pas en même temps. Sans eux, on dimensionne un tableau pour un scénario qui ne se produit jamais.

Pourquoi le foisonnement existe

Prenez un logement ordinaire. Six kilowatts de chauffage, quatre de prises, trois de prises spécialisées, un et demi d'éclairage : quatorze kilowatts et demi installés. Or ce logement ne dépasse pratiquement jamais huit ou neuf kilowatts appelés simultanément.

La raison est simple. Le four ne tourne pas pendant que le lave-linge chauffe son eau, et l'éclairage de toutes les pièces n'est jamais allumé à la fois. Dimensionner sur la somme brute conduirait à un abonnement, un disjoncteur général et un câble d'alimentation très supérieurs au besoin, pour un surcoût sans contrepartie.

Le foisonnement est donc l'inverse d'une approximation : c'est la prise en compte du fonctionnement réel plutôt que d'un pire cas théorique.

Le coefficient d'utilisation ku

Il s'applique par usage, et traduit le rapport entre la puissance réellement absorbée et la puissance nominale de l'appareil.

Usageku retenuRaison
Éclairage1Un luminaire allumé consomme sa puissance nominale
Prises courantes0,15Facteur de simultanéité 0,1 à 0,2 (UTE C15-105 §311.3)
Chauffage, PAC1Fonctionne à pleine puissance et longtemps
Prises spécialisées0,75Usage intermittent mais à forte puissance

Le point à retenir est que le chauffage ne se foisonne pas. C'est le poste qui, en régime établi, appelle sa pleine puissance de façon prolongée. Lui appliquer un coefficient réducteur est l'erreur qui conduit à un tableau sous-dimensionné par temps froid.

À l'inverse, les prises de courant se foisonnent fortement : le guide UTE C15-105 retient un facteur de simultanéité de 0,1 à 0,2 pour ce poste, contre 1 pour l'éclairage et le chauffage. Cet outil retient 0,15, le milieu de cette plage. C'est nettement plus bas que l'intuition ne le suggère, et c'est le reflet d'un usage réel : la quasi-totalité des prises d'un logement ne sont jamais sollicitées à leur puissance nominale en même temps.

Le coefficient de simultanéité ks

Il s'applique à l'ensemble, une fois les puissances utilisées additionnées, et dépend du nombre de circuits raccordés au tableau. Plus il y a de circuits, plus la probabilité qu'ils soient tous sollicités ensemble diminue.

L'ordre de grandeur est simple à mémoriser : au-delà d'une dizaine de circuits, ks descend nettement sous 0,7, et il continue de décroître ensuite. Sur un tableau de deux ou trois circuits, en revanche, il reste proche de 1 : avec si peu de départs, la simultanéité est probable.

Un tableau de vingt circuits n'appelle pas dix fois la puissance d'un tableau de deux circuits comparables. C'est exactement ce que traduit ks, et c'est ce qui rend le bilan indispensable dès qu'une installation grossit.

Ce que vous faites du résultat

L'outil vous donne une puissance foisonnée en kW, le courant d'emploi correspondant, et un calibre de disjoncteur général. Ce n'est pas la fin du dimensionnement, c'en est le début.

  1. Le courant d'emploi alimente le calcul de section du câble qui relie le tableau principal au divisionnaire.
  2. La longueur de cette liaison impose ensuite une vérification de chute de tension, qui peut majorer la section.
  3. Le calibre du général doit enfin être coordonné avec la protection amont, ce que l'outil ne vérifie pas.

Ce que l'outil ne fait pas

  • Coefficients partiellement sourcés. Éclairage, chauffage et prises de courant suivent le facteur de simultanéité du guide UTE C15-105 §311.3. Les prises spécialisées (gros électroménager dédié) ne sont pas couvertes par ce tableau pour cet usage précis : la valeur 1 est conservée par prudence, sans source directe. La table ks par nombre de circuits reste une simplification interne, non issue du guide.
  • Quatre postes seulement. Une installation réelle en compte davantage, avec des coefficients propres.
  • Pas de sélectivité. La coordination entre le disjoncteur général du divisionnaire et la protection amont n'est pas traitée.
  • Pas de courant de court-circuit. Le pouvoir de coupure du matériel relève d'un calcul selon l'IEC 60909.
  • Pas de réserve d'extension. Prévoir une marge pour les évolutions futures reste un arbitrage de conception.
Le dimensionnement final reste sous la responsabilité du professionnel signataire. Pour un ouvrage tertiaire ou industriel, un projet à plusieurs tableaux, ou une extension programmée à intégrer au calcul (facteur d), utilisez un outil de bilan de puissance complet : LCP Calc Bilan de Puissance, qui applique l'intégralité de la méthode à cinq facteurs du guide UTE C15-105.
Intérieur d'un tableau divisionnaire avec disjoncteurs débrochables

Un tableau divisionnaire une fois câblé, chaque circuit repéré selon le bilan établi en amont.

Questions fréquentes

Comment calcule-t-on un bilan de puissance ?

On multiplie chaque puissance installée par son coefficient d'utilisation ku, on additionne les résultats, puis on applique un coefficient de simultanéité ks qui dépend du nombre de circuits. La formule est Pu = Σ(Pinstallée × ku) × ks.

Quelle différence entre ku et ks ?

Le ku traduit le fait qu'un appareil fonctionne rarement à sa puissance maximale. Le ks traduit le fait que tous les circuits ne sont pas sollicités en même temps. Le premier s'applique par usage, le second au nombre de circuits.

Quel coefficient pour le chauffage ?

Le chauffage et les pompes à chaleur reçoivent un ku de 1, car ils fonctionnent effectivement à pleine puissance en régime établi et de façon prolongée. C'est le poste qui ne se foisonne pas.

Pourquoi les prises ont-elles un coefficient si bas ?

Le guide UTE C15-105 retient un facteur de simultanéité de 0,1 à 0,2 pour les prises de courant, contre 1 pour l'éclairage et le chauffage. Cet outil retient 0,15. C'est le reflet d'un usage réel : la quasi-totalité des prises d'un logement ne sont jamais sollicitées à leur puissance nominale en même temps.

Le bilan donne-t-il directement la section du câble ?

Non. Il donne une puissance foisonnée et un courant d'emploi. La section dépend ensuite du mode de pose, de la longueur du câble d'alimentation et de la chute de tension admissible.

Pu = Σ(Pinstallée × ku) × ks. Coefficients ku et table ks simplifiés, à visée pédagogique, principe UTE C 15-105.
Ni la sélectivité, ni le courant de court-circuit, ni la réserve d'extension ne sont traités. Le dimensionnement final reste sous la responsabilité du professionnel signataire.